lundi 19 septembre 2016

Pour un rire de toi


  POUR  UN  RIRE  DE  TOI



Ma vie défile, en ce soir d'été
Où tout est délice et abandon.
Le bonheur s'est invité, ce soir,
Comme une brise caressant
Le visage en sueur.
J'avais 16 ans, une fois.
Tout était touffeur et moiteur,
Les passions saisissaient mon âme,
Mais point mon corps.
À force de tendre vers les cimes,
J'avais perdu la mesure,
La mesure du temps qui se fait cruel:
Je m´imaginais éternel.
Ô illusion! Ô trouble!
Avant de m'élever,
Il a fallu que je tombe.




J'avais connu les cimes?
Et bien je connus l'abîme.
Tous mes rêves saccagés,
Toutes mes floraisons devenues sèches.
Il a fallu,il a bien fallu,
Me perdre cent fois,
Et me blesser mille.
Tout ce que j'avais espéré,
Tout ce que j'avais conquis,
De lutte facile,
Tout me fut retiré,
Avec violence.
Mon chagrin était muet,
Je n'avais pas de mots
Pour dire ma défaite,
Pour dire mes errances.
Les plus grandes douleurs
Sont muettes, dit-on:
La mienne était comme un cri
Qui reste éteint au fond de la gorge.

  


J'ai perdu l'or des heures,
J'ai perdu la précieuse insouciance,
Je n'ai trouvé que des déserts.
À chaque virage
Se dressaient de nouvelles
montagnes.
Et je ne savais pas les chemins
Pour franchir l'impossible.
Je cherchais la divine étreinte,
Je ne savais pas aimer,
Encore moins haïr.
Je me cognais à toutes les portes,
Je n'avais point de force,
Point de témérité,
Et pourtant j'en ai franchis,
Des océans de solitude.
De rares Oasis, au détour de la dune,
Si vite évanouies.
Mais, pensant trouver quelque
Certitude,
Aussitôt ma frêle assurance
Flanchait:
Si peu de gens savent
Mettre du velours dans leurs paroles.




Les années passant, j'ai cru
Trouver des escales,
Un peu de bonté au fond d'un regard,
Un peu d'espérance
Glanée ça et là...
Mais comme des fouets qui claquent,
Les mots me faisaient mal,
Un reproche pouvait détruire,
D'un seul,
Le fragile édifice.
J'ai écris mes maux dans des mots,
Poète je me croyais,
Et peut-être un peu l'étais.
La poésie m'évitait de pleurer,
Verser des larmes m'était
Un plaisir rare,
On apprend si peu aux gens à pleurer...
Je pleurais quand les larmes
Accumulées, se déversaient,
Comme un trop-plein de détresse.
Je pleurais peu, je pleurais mal.

    


Comme des fontaines d'amour,
Je rencontrai,
Au hasard du chemin,
De grands amis, qui savaient
Voir, au travers de mes excès,
Mon innocente beauté.
Et qui par leurs mots si purs,
Me guérissaient infiniment,
De tous ceux qui ne savent pas
La souffrance,
Ceux qui connaissent toujours
Les mots qu'il faut,
Mais ne savent pas le silence,
Le silence de celui qui aime,
D'amour ou d'amitié,
Mais quelle peut être la différence!
Le corps qui exulte, ne connaît pas
La sagesse, mais celui, qui, sage,
Ignore la brûlure du désir,
Ne connaît pas la vie.

          ••••••••••••••••••

Un jour où je n'y croyais guère,
Tu es venu dans ma vie,
Comme un pas de danse,
Comme une brise légère,
Comme un vent merveilleux.
La première fois que tu vins
En mon royaume,
Je me souviens d'une musique de piano, écoutée en ces
instants de grâce.
Ses accents creusaient en moi
Le douloureux sillon d'une langueur
Inconnue.
La musique de Chopin
Ne m'avait jamais autant bouleversé que lors de ce premier jour avec toi.
   


Alors, je sus que de t'avoir
Rencontré,
Était le nouveau printemps de ma vie.
Tu m'as fait connaître toutes les Saisons,
Les glaces hivernales,
Les torrents de l'été.
Tu m'as fait goûter au mystère
De l'automne, et à l'indolence
Des beaux jours.
Avec toi, j'ai abandonné la lutte.
J'ai trouvé qui j'étais,
Qui j'aimais.
Je t'ai adoré, je t'ai connu par cœur,
Je t'ai même oublié, parfois.
Notre temps est le temps des roses,
J'en connais toutes les nuances,
J'en connais le parfum
Et l'absence.
Tu es la plus belle rose de ma vie.

Avec toi, j'ai su que rien
Ne compte plus,
Qu'un moment léger
S'envolant, que quelques rires,
Quelques mots sans importance.
Avec toi j'ai découvert
Que les plus grands trésors
Ne valent pas un rire de toi.
T'entendre rire est ma victoire,
Mon bonheur,
Ne cesse jamais de rire avec moi!
Je veux emporter la musique
De ton rire,
Pour tous les moments qui me restent à vivre.


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